Que deviennent les SDF ? Une question simple, posée par Daniel Terrolle, anthropologue. Ils reviennent dans la vie active, me direz vous. Oui, admettons. Mais combien ? En sachant qu’il y a un grand nombre d’associations avec la réinsertion comme objectif, il serait logique de penser qu’on a des statistiques précises sur la question.

Oui… mais non. Pas plus de statistiques sur le nombre de sans-abris qui meurent dans la rue. C’est ce qui a poussé Daniel Terrolle à enquêter sur le sujet, toujours plus profondément.

Attention, ceci est le troisième épisode de la série, pour le premier (ville dissuasive, et alimentation), cliquez ici, pour le deuxième (réinsertion, mort, presse et éthique), c’est par là.

Que vaut un corps et ou il finit

Cet épisode commence vraiment hard, tout de suite, avec Daniel Terrolle qui, dans un concours de circonstances plutôt incroyable, entend une conversation téléphonique. Un corps a été dévié de la morgue à… ailleurs. Et ce n’est pas la première fois. C’est, naturellement, un corps de SDF. Ce qui le pousse à enquêter sur un sujet plutôt étrange: le don du corps à la science.

Suite à cette enquête, il va revenir sur le gros problème des statistiques, sur une thèse intéressante mais don la conclusion manque de pertinence… et sur le marché de la pauvreté. Aucun de ces sujets n’est joyeux, aucun est simple, pas un seul d’entre eux ne pose des questions encore plus grandes. Comme le dit Daniel, une seule vie ne suffit pas pour ces sujets.

Citations tirées de l’interview

Votre corps arrive, et alors qu’est-ce qu’il devient ? Moi, ça m’intéresse.

Ca part dans des caisses de soixante bras…

C’est pas devant qu’il faut étudier, c’est derrière !

C’était un peu hard quand-même…

Bien sûr qu’ils étaient déçu, même leur corps ne valait rien… dur.

On va lui injecter une potion secrète…

Le corps leur échappe, ils ne peuvent pas faire de rituel…

Il y a une sorte de vengeance post-mortem du gars qui a donné son corps à la science.

Elle est même pas reconnaissante cette conne de science !

Alors, j’essaie de collecter des photos de morts, alors bien sûr, je passe pour un mec morbide…

Il y a un malaise, il y a un malaise certain.

Vous vous rendez compte, symboliquement, ce que ça veut dire ? Une jeunesse qu’on oblige à s’assoir par terre comme des mendiants, putain, c’est insupportable pour moi !

C’est pas un complot, c’est une convergence d’intérêts.

Les français ne donnent pas de ceintures, je ne sais pas pourquoi, mais c’est comme ça !

Comment faire du fric en s’occupant des pauvres…

Source évoquée dans l’interview