Les arts martiaux sceptiques et le bushido américain

Ca faisait longtemps qu’on n’avait pas parlé du Japon sur AnthroStory, il faut dire qu’il a eu une part belle sur Voyagecast, vous pouvez encore trouver les épisodes par ici, on y a parlé du Japon « old school », du Japon un peu déjanté, de la marche, de quoi satisfaire vos envies de voyage.

Cet épisode sera un peu différent, puisque notre invité est Jean-Michel Abrassart, fondateur du podcast Scepticisme Scientifique, que vous avions déjà reçu sur AnthroStory, pour parler scepticisme, mais aussi des rapports éventuels entre l’anthropologie et la zététique, vous pouvez les écouter par ici. Il est venu nous parler du bushido et des arts martiaux, dans une version un peu différente que celles dont on a l’habitude, notamment au cinéma.

En résumé

Je ne saurai que vous encourager à écouter l’épisode au complet, mais voici quelques idées développées lors de notre discussion:

  • L’origine du Bushido.
  • Le livre « Bushido: the soul of Japan », une référence pour beaucoup de pratiquants d’arts martiaux.
  • Le livre « Hagakure », de Yamamoto Tsunetomo, aussi une référence.
  • Un court résumé de l’histoire des samouraïs, une timeline qui nous aide à mieux comprendre les histoires qu’on nous raconte et leur réalité historique.
  • Un petit clin d’oeil au film « the last samouraï », sur son historicité et l’idéal qu’il semble défendre.
  • Un micro clin d’oeil à la magnifique série « Shogun », là aussi pour parler de son authenticité éventuelle.
  • Un autre éclairage sur le positionnement des samouraïs et de leur idéologie, et de savoir quel serait leur positionnement politique actuel.
  • Pourquoi  avoir besoin de croire en l’efficacité d’un art martial et pourquoi lui chercher une origine lointaine ?
  • Pourquoi la question de l’efficacité (et de l’origine de l’efficacité) d’un art martial est important dans sa pratique au jour le jour ?
  • En quoi une idée fantasmée des samouraïs a pu et peut encore aujourd’hui avoir de l’influence sur le Japon ?

Vous l’aurez compris, des samouraïs, du Japon, du cinéma, des arts martiaux, tout ça avec un regard sceptique 😉

Sources

About the Author:

Jonathan, 31 ans, suisse, polymécanicien, voyageur, producteur de contenu sur le voyage depuis 4 ans, sur l’anthropologie depuis 2 ans.
Convaincu que l’anthropologie et les sciences sociales devraient être plus mises en avant, essaie de faire ce qu’il peut pour aller dans ce sens.

10 Comments

  1. Julien Michaliszyn 25 août 2016 at 13 h 54 min - Reply

    Bonjour,

    Je viens d’écouter votre podcast qui m’a beaucoup intéressé. Je suis passionné d’art martiaux et j’ai découvert il à quelques années le scepticisme. Une chose qui m’a marqué, c’est la difficulté à trouver facilement de la documentation fiable sur les arts martiaux, leur efficacité réelle et les aptitudes utiles en self-défenses qui ne sont pas directement martiales (état de vigilance, ou situer le regard lors de l’observation de l’adversaire, quel préparation mentale ou trait de personnalité/compétences émotionnelles permettent le mieux d’accuser le coup au niveau stress en situation de danger – ce dernier point étant un peu plus facile quand même).
    Aussi, si vous avez des conseils, des ouvrages, des sites pertinents pour avoir de l’info de qualité, je ne suis pas contre, cela me faciliterait pas mal la tâche ^^ »
    En tout cas bravo pour cette émission très instructive (et bien animée, il faut le dire).

    • Jonathan 30 août 2016 at 18 h 24 min - Reply

      C’est une excellente question, je vais la poser à Jean-Michel. Lisez-vous l’anglais ? Parce que j’ai peur que la majorité des sources disponibles soient en anglais…

  2. ScepticismeScientifique 2 septembre 2016 at 16 h 05 min - Reply

    Bonjour Julien,

    Oui, effectivement, en français il n’y a pas vraiment de ressources sceptiques sur les arts martiaux. C’est pour cela que nous faisons ce genre d’épisodes, ici et sur « Scepticisme scientifique »! Les ressources restent à créer, en tout cas dans la langue de Molière!

    En anglais, je conseille le podcast « The Martial Brain »:

    https://itunes.apple.com/us/podcast/the-martial-brain/id1027592415?mt=2

    qui est un podcast consacré aux arts martiaux et qui est résolument sceptique!

    Au-delà de ça, il faut aller vers de la littérature universitaire. Le « The Martial Arts Studies Research Network » crée du contenu de très haute qualité en la matière:

    https://mastudiesrn.wordpress.com/

    Comme par exemple l’ouvrage: « Mythologies of Martial Arts ».

    http://www.rowmaninternational.com/books/mythologies-of-martial-arts

    Mais on est là vraiment dans de la littérature universitaire; qui peu donc être assez aride et technique à lire! Dans l’épisode du podcast ci-dessus, nous vulgarisons un peu ce genre de littératures. Il y a cependant encore beaucoup à faire pour vulgariser plus ce qui se fait de fascinant dans le domaine en pleine explosion des « martial arts studies ».

  3. Julien Michaliszyn 2 septembre 2016 at 21 h 14 min - Reply

    Jonathan et l’équipe de ScepticismeScientifique, merci beaucoup pour vos réponses.
    Je vais regardez/écouter tout ça 🙂

  4. […] avoir exploré une version disons plus… sérieuse du Bushido (cliquez ici pour voir cet épisode), loin des rêves idéaux que l’on se fait d’habitude, on a eu envie de parler de […]

  5. […] Crossover avec le podcast Anthrostory. […]

  6. Nicolas 12 novembre 2016 at 15 h 24 min - Reply

    Bon épisode qui a le mérite de remettre un peu à plat les mythes sur le bushido.
    Un bémol toutefois, sur la dernière partie qui parle d’efficacité sur le plan de la santé ou de l’efficacité martiale.
    C’est un sujet extrêmement vaste et périlleux, mais on peut parfois apercevoir des experts qui démontrent aisément leur efficacité en combat (par exemple, au hasard, Akuzawa senseï qui a fondé l’Aunkai il y a peu et qui est extraordinaire, basé sur certains principe du daito ryu d’ailleurs.) Mais là il faudrait partir dans la différence entre bujutsu (dont justement le but est la recherche de l’efficacité) et les disciplines comme l’aikido, karatedo et autres qui ne sont souvent pas directement applicables (car ce n’est pas leur but premier), d’où la confusion… Surtout quand on se base sur des témoignages de personnes faiblement experimentées ou qui s’entrainent pour le loisir (et qui s’entrainent dans des lieux où la formation est une formation de masse, nivellement par le bas, entrainement facile, faut ramener du monde…).
    A noter que le MMA a voulu, à une époque, confronter les styles (d’où le nom), seulement ce n’est pas du combat aussi libre qu’on pourrait le croire, les techniques interdites sont les plus efficaces dans certains arts martiaux (etranglement, frappes aux yeux, mordre, arracher et j’en passe). On voyait donc du coup, légitimement voir souvent les vainqueurs venir du monde du grappling (jujutsu bresilien notamment). Techniques interdites qui souvent sont celles permettant de se défendre quand le poids est très différent par exemple…
    Ou alors, on commence à se pencher vers une utilisation du corps différente, qui finit par être un des axes de recherche le plus intéressant quand on passe un stade. Utilisation du corps en privilégiant les connexions, la structure, l’écoute (au moment du touché) du corps adverse, la transformation de son propre corps avec les tanren et autres exercices (qui sont bien plus terre à terre qu’on pourrait le croire). C’est à ce moment que les arts martiaux (quand ils sont enseignés par des personnes ayant eux même été formé de manière profonde et sincère) prennent tout leur sens. Mais on est loin des cours proposés au plus grand nombre. Ça demande du sacrifice, du temps et de souhaiter vider sa tasse. Ce qui est réservé à peu de monde malheureusement (tout le monde ne peut pas se permettre, dans tous les sens du terme, financier, capacités naturelles, volonté, temps…)
    Finalement on peut conclure que les arts martiaux, contrairement a beaucoup de disciplines sportives (on peut être efficace en boxe anglaise en quelques mois…), sont des arts car ils demandent de la subtilité et beaucoup de temps (bien pratiqués, ils permettent de devenir meilleur tout en vieillissant). Et ce n’est pas un mythe, parce que c’est facile de rencontrer des personnes vraiment compétentes, si on sait où les trouver 😉

    Un exemple de chercheur authentique:

    https://www.amazon.fr/Livres-Lionel-Lebigot/s?ie=UTF8&page=1&rh=n%3A301061%2Cp_27%3ALionel%20Lebigot

    Ou

    https://youtu.be/OGW7QYuvbzc

    Je viens de me rendre compte que j’ai écrit un pavé qui plus est hors sujet… Mais je souhaitais juste mettre en lumière que souvent les arts martiaux sont traités de manière superficielle et qu’on pense les connaitre alors qu’ils ont beaucoup a donner.

    Merci encore pour cet épisode!!

    • Jonathan 14 novembre 2016 at 20 h 46 min - Reply

      Salut, merci pour ton long commentaire !
      Je ne vais pas répondre pour Jean-Michel, je t’invite à le contacter via twitter ou son site, il est très sympa et aime bien parler des arts martiaux.
      Je ne suis pas forcément d’accord avec ton avis sur le jugement d’une technique de combat. Comme tu le dis, il y a souvent un nivellement par le bas, c’est vrai, mais j’imagine que c’est une donnée à intégrer non ? Pour être clair, il y a des techniques qui, même apprises « sur le tas », sont plus efficaces que d’autres en autodéfense « dans la vraie vie », contrairement à d’autres qui sont plus efficaces seulement quand on les maitrise parfaitement ?
      Je ne connais que très peu le MMA, mais ton point est parfaitement valide, j’imagine qu’en autodéfense de rue on s’autorise volontiers des coups « sales », tant que ça nous sort de la difficulté, ce qui est interdit en MMA. Du coup, c’est vrai que prendre l’efficacité statistique de la MMA n’est pas un moyen parfait de déterminer quelle technique est la meilleure.
      Je pense, par rapport à ton dernier point, que Jean-Michel parlait justement de la com faite autour des arts martiaux, com qui évolue avec le temps en fonction des modes, sans que cela soit pour autant lié à l’efficacité « réelle » des techniques en question. Et que ce n’est pas en pratiquant des arts martiaux une fois par semaine qu’on va déboiter une armée à nous tous seuls ;).
      Je ne suis pas passionné par les arts martiaux, mais j’y vois une foule de questions intéressantes, il faudra qu’on y revienne sur AnthroStory.
      Merci encore !

  7. Hoang 15 février 2017 at 18 h 55 min - Reply

    Hello !

    Un peu en retard sur le commentaire, puisque je ne l’ai découvert que récemment.

    Sur l’utilisation des katanas et autres lames courbes sur le champ de bataille: les armes les plus utilisées ont été, jusqu’à ce que les armes à feu arrivent, sans doute été l’arc et la lance, bien plus pratique que les sabres. Cependant elles ont bel et bien été utilisée, tout à faire comme en Occident, comme arme de cavalerie. Il y a également traces d’utilisation lors des assauts à l’intérieur des châteaux, où l’utilisation de la lance et de l’arc est bien moins pratique.

    Cela a évolué dans la période de paix Edo en « arme de cour » réservé aux salles d’entraînement (… les dojo quoi), à l’apparat et au duel, tout comme l’a pu être les rapières et autres armes d’estoc en Occident (les mousquetaires, malgré leur légendaire talent de duelliste (en particulier de ces *quatres* là), était équipé de… mousquet sur le champ de bataille). On peut voir cette utilisation dans les kata (enchainement de mouvement) qui nous sommes resté jusqu’à aujourd’hui, où beaucoup commencent assis (supposément si Jotaro-de-chez-Kensuke-en-face vient de vous faire un affront).

    Concernant l’objet en lui-même, la chose la plus remarquable est qu’il s’agit d’objet en acier d’excellente qualité, si l’on considère le matériau de base. Le minerai ferrique japonais contenant beaucoup d’impureté, il faut beaucoup d’étape pour contrôler la quantité de carbone de la lame (et donc les propriétés physique de celle-ci). Combiné au fait de la relative pauvreté en fer du Japon, ça participe sans doute au statut mythique du katana, C’est à la fois un symbole de caste fort, parce que ça coûte cher à avoir, et c’est un des objets les plus coupants qu’ils peuvent faire.

    Une source possible: Kapp & Yoshihara, The Craft of the Japanese Sword

    • Jonathan 22 février 2017 at 12 h 39 min - Reply

      Merci pour ton commentaire très détaillé, fort intéressant.
      Je pense qu’effectivement, ce que voulais souligner Jean-Michel, c’était la différence entre notre perception du samouraï et de son arme, versus la réalité historique. Il me semble avoir souvent entendu que se servir d’un arc était un déshonneur par exemple, alors qu’en réalité, comme tu le dis, il était très utilisé, tout simplement parce que c’est plus efficace, sauf « close combat » à l’intérieur, ou un sabre est plus efficace.
      Reste que oui, le statut du sabre en lui-même semble bien mérité, sa fabrication n’est pas évidente, son équilibrage non plus, vive les forgerons japonais !

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