Anthropologie et business sur Gili Meno, un entrepreneur sur une petite île déserte

Tout quitter, trouver une petite île indonésienne toute mignonne et créer son petit business, qui n’en a pas rêvé ? Mais comment est-ce en vrai ? Est-ce si facile ? Le sourire et la sympathie des Indonésiens restent-ils quand on vient faire du business ? Comment se démarquer face à une rude concurrence ? Parce que bon, île déserte, c’est pour le titre mignon de l’épisode, mais en vrai, vous ne serez jamais les premiers et rarement les mieux armés pour commencer un business.

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AnthroStory parle de business, mais pourquoi ?

Vous me direz, c’est un podcast sur l’anthropologie, pourquoi parler de business avec un français qui a décidé d’aller fonder son hostel sur Gili Meno ? Pour deux raisons.

La première, c’est que l’anthropologie, ou en tout cas l’histoire de l’anthropologie, a été lié avec le commerce et, encore moins fun, l’armée. Bien souvent, les premiers à arriver dans un nouvel endroit n’étaient pas des scientifiques, mais des commerçants et des militaires, qui avaient souvent des intérêts communs. Ils étaient parfois accompagnés d’aventuriers, puis d’ethnologues, bien sûr, mais au final ça a rarement été le cas. Donc, parler business et commerce, ça rentre pas mal dans le concept de l’émission.

La deuxième, c’est que même si un entrepreneur n’est pas un anthropologue et n’est pas là pour la science ou pour améliorer la connaissance, il est continuellement confronté avec l’environnement social du lieu ou il plante sa tente. De la législation aux contacts avec les locaux du quartier en passant par la gestion de la main d’oeuvre, l’entrepreneur doit bien connaitre son terrain s’il ne veut pas se planter (ou, parfois, se faire planter). Engager des ouvriers, apprendre la langue, savoir comment gérer les transactions et les échanges, maîtriser les crises éventuelles, ne pas oublier la religion, participer à la vie sociale locale, faire du commerce demande de savoir écouter et observer, et faire des déductions.

Bien entendu, certains diront que c’est de l’anthropologie de comptoir, ou d’amateurs, de simples observations, et oui, ça ne sera jamais au niveau du travail de terrain d’un anthropologue. Reste que ça fait de belles histoires et que ça va plus loin que la « simple » observation d’un voyageur en passage éclair.

Trois îles à conquérir

Au large de l’île de Lombok, en Indonésie, à 15 minutes de bateau du port de Bangsal, se trouvent trois îles ou le tourisme fait une progression éclaire. Atteignables en quelques heures depuis Bali, elles sont les Maldives du coin.

Gili Air, réputée pour être une île familiale où on trouve encore quelques locaux, est plutôt calme. Gili Meno, la « romantique », est calme, en basse saison on a souvent l’impression d’être tout seul, tout est lent, l’électricité saute souvent et si vous y restez une dizaine de jours, vous aurez un feeling « village » des plus agréable. Gili Trawangan, quant à elle, est la « fêtarde ». Le centre y est super moche, juste bon pour aller bouffer des champis et se bourrer la gueule en dansant sur une musique de merde. Ouais, vous l’aurez compris, pas mon style. Notez quand même que hors du centre/bord de plage, il y a des endroits sympa.

Ces trois îles sont stratégiques, autant pour Lombok que pour Bali, niveau tourisme, mais elles font face à d’énormes problèmes. Sur affluence par moment, absence presque totale de tourisme à d’autres, gestions des déchets inexistantes, concurrence rude, gestion des terrains en mode « aléatoire », travailleurs étrangers sans visas, problèmes de mains d’oeuvre, réseau électrique sous dimensionné… tous ces problèmes étant accentués parce que ce sont des îles, et que les îles, ce n’est pas facile à gérer.

Qu’on s’entende, ce n’est pas la catastrophe et on peut y passer des moments incroyables, surtout en basse saison. Reste qu’il faut être franc, ça peut très bien tourner ou très mal.

Julie, chroniqueuse sur AnthroStory, vous dira que ce sont des récifs coralliens qui ne seront de toute façon plus là dans 50 ans. C’est probablement vrai.

Interview de Seb, fondateur de Gili Gila, hostel sur Gili Meno

J’ai rencontré Seb un soir, j’attendais mon plat en lisant, il m’a proposé de le rejoindre à sa table avec ses amis. Donc, un mec bien ;).

Plus sérieusement, après quelques parties de Mario Kart et de cat sitting, je lui ai proposé de faire un interview en roue libre, pour parler du tourisme en Indonésie, qu’il me raconte l’histoire de son hostel et qu’on échange sur nos expériences indonésiennes.

De l’inspiration pour concevoir l’architecture de Gili Gila au marketing en passant par la gestion de la main d’oeuvre, les discussions avec le chef de l’île et les choix d’investissements. J’en profite pour partager quelques infos chiffrées sur le tourisme en Indonésie et sur les expériences et les histoires que j’ai entendues au fil de mon voyage, entre Flores, Lombok et Bali.

Deux mots sur Gili Gila

Je n’ai pas résidé à Gili Gila, j’avais mon petit bungalow pas loin, il faut dire qu’ils ont ouvert à peine quelques jours avant mon arrivée.

Ce que je peux vous dire, c’est que l’architecture est plus qu’originale, que Seb est vraiment un mec sympa, qu’ils ont un chat, qu’ils ont une Gamecube avec Mario Kart, un projecteur pour regarder des films, des bières et des tonics au vrai, et plein de coins ou se poser pour lire/discuter/jouer/glander. Ils sauront vous conseiller sur les meilleurs restaurants de l’île, les meilleurs spots pour aller nager avec des tortues et plus encore.

N’hésitez pas à y passer même si vous n’y dormez pas, et faites-leur un bisous de ma part. C’est un coin vivant ou vous pourrez rencontrer plein d’autres voyageurs, et ça, c’est vraiment cool.

Sinon, il y a plein de chambres différentes, une bonne partie était encore en construction lors de ma visite, mais ça promettait d’être du lourd.

Voici leur page Facebook, que ce soit pour aller voir les photos ou les contacter.

Réservez votre chambre sur Gili Gila

Ça vous dit d’aller y dormir ? Utilisez booking.com pour réserver grâce à ce lien. Il s’agit d’un lien affilié, ce qui me fait gagner un faible pourcentage si vous effectuez une réservation, pour vous ça ne change absolument rien !

Encore un grand merci à Seb pour sa disponibilité et à Paul, son associé, avec qui j’ai eu des discussions passionnantes.

 

About the Author:

Jonathan, 31 ans, suisse, polymécanicien, voyageur, producteur de contenu sur le voyage depuis 4 ans, sur l’anthropologie depuis 2 ans.
Convaincu que l’anthropologie et les sciences sociales devraient être plus mises en avant, essaie de faire ce qu’il peut pour aller dans ce sens.

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